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Loïs ouvrit les yeux. Comme la première fois qu'il s'était réveillé après l'énorme trou noir dans sa mémoire, il était sur une plage. Tout était similaire. L'odeur des embruns, le bruit des vagues s'échouant sur la grève, les imposants palmiers au-dessus de sa tête, le cri des mouettes, la chaleur du sable... Tout était exactement pareil.

Avait-il réussi ? Cette plage était sans aucun doute la plage au bout du vortex, celle de la civilisation. Alors pourquoi il n'entendait pas les bruits de la civilisation ? Personne ne criait, aucun bruit d'éclaboussure ou d'eau dérangée, c'était aussi calme qu'une île déserte.

Surpris, ou ayant peur de comprendre, il tenta de se lever, mais une terrible douleur dans le dos le laissa couché.

- C'est pas vrai... maugréa-t-il.

- Encore pas content ?

Ah non, pas elle !

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- Où suis-je ?

Question stupide. Si elle était là, souriante jusqu'aux oreilles, c'est qu'il était retourné au point de départ, sur l'île introuvée. Que traverser le vortex avait été un échec. Jamais elle n'aurait été là, le corps à demi dans l'eau, si la civilisation avait été là. Les naïades n'étaient pas encore des créatures vraiment connues du monde d'où il venait.

- À ton avis ? répondit-elle avec un ton qui voulait tout dire.

Pourquoi avait-il posé la question ? Il lui tendait les perches qui lui fallait pour se moquer.

- Super... aurais-tu l'amabilité de m'aider à me relever ? J'ai un peu mal au dos.

Elle s'étira sur toute sa longueur, et attrapa la main du jeune homme. Tant bien que mal, elle l'attira vers elle suffisamment fort pour le mettre assis. Aider un humain depuis l'eau était loin d'être évident.

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- C'est quoi cette douleur au dos ? Qu'est-ce qu'il s'est passé dans le vortex ? s'inquièta-t-il ensuite.

- Tu n'y es même pas entré, enfin pas vraiment, tu n'as pas eu le temps. Déjà un mètre avant, je voyais que tu avais du mal, je t'avais dit que c'était trop profond ! Mais tu étais assez près pour être happé, et vu que tu n'allais pas y survivre, j'ai préféré t'en sortir, et c'est ton dos qui en a subi les conséquences, tu vois ?

Il hocha la tête. Encore une fois, elle avait eu raison. Le vortex était trop profond pour qu'il puisse l'atteindre. S'il voulait quitter l'île, il devait trouver une autre solution. Il ne s'avouerait pas vaincu de sitôt !

Et encore une fois, elle l'avait sauvé. Il détestait le fait de lui devoir quelque chose, de lui devoir la vie. Deux fois, qui plus est. Si il ne lui devait rien, il pourrait la laisser une fois rentré sans remords mais désormais... Raah, stupide naïade arrogante.

- Et maintenant ? Tu fais quoi ?

Son ton semblait sincère, comme si elle s'intéressait vraiment à ce qu'il allait faire, comme si elle s'inquiétait vraiment de ce qu'il allait devenir.

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Difficilement, il se leva et s'enfuit vers la jungle. Il avait perdu une bataille, mais pas la guerre. Il quitterait cette île, coûte que coûte.

- T'enfuir n'est pas une solution ! entendit-il depuis l'eau.

Qu'importe ce qu'elle pensait, le regard et les paroles de la jeune naïade étaient trop insupportables pour lui. Il ne pouvait demeurer auprès d'elle, il lui devait trop. S'il s'enfuyait... s'il s'enfuyait comme un lâche...

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Indifférente, la naïade se dirigea vers l'immensité de l'océan, avec la ferme intention de ne jamais revenir sur cette île. Introuvée qu'elle était, introuvée elle restera. Elle ne devait rien à cet humain, absolument rien, si elle l'avait sauvé, c'était par pure curiosité. Un humain fuyard ne lui servirait à rien.

~*~

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Les jours passèrent, suivis des nuits. Une pluie diluvienne s'était abattue des jours durant, sans jamais donner de répit à Loïs, qui, tant bien que mal, s'était construit un piètre abri. À croire que la naïade avait pris avec elle le beau temps.

Ce fut un matin que Loïs découvrit la bonne nouvelle. La tempête s'était éloignée, le soleil brillait de nouveau avec ardeur au-dessus de lui. Ses rayons chauds effleurant sa peau lui fit le plus grand bien. Des jours que seule la pluie venait le caresser.

Mais ce n'était pas la seule bonne nouvelle. Avec un temps clément, le jeune homme pouvait enfin se lancer sur l'océan, à bord de son modeste radeau, construit avec des troncs d'arbres déracinés par la tempête.

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L'océan était plus que calme. Pas le moindre contour d'une vague, pas la moindre ombre d'un nuage. Rien. Le calme plat. L'océan se dessinait sur l'horizon comme un trait dessiné à main levée. La situation parfaite pour partir d'ici.

Difficilement, il mit son radeau à l'eau. Au moins, il flottait. Il rassembla les maigres provisions qu'il avait pu récupérer ces derniers jours, s'installa, et poussa le radeau vers l'océan.

~*~

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- Pas encore...

- Et bah si ! Si tu m'écoutais, tu pourrais éviter tout ça, espèce d'imbécile ! tonitrua une voix bien connue.

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En se relevant, Loïs découvrit la naïade qu'il pensait ne plus jamais revoir en l'abandonnant. D'après les traits de son visage, elle ne semblait pas contente du tout.

Que s'était-il donc passé cette fois-ci pour qu'il se retrouve pour la troisième fois sur cette maudite plage, ce maudit sable, avec ce maudit soleil miroitant au-dessus de lui, ces maudites mouettes qui glapissaient, ces maudites vagues qui s'échouaient inlassablement ? Pour que la troisième fois, cette maudite naïade le sauve ? Il était peut-être destiné à rester sur cette île, finalement...

- J'ai encore foiré, hein ? demanda-t-il d'un ton las.

- Oui, foiré, foiré, foiré ! Tout ! Tu ne m'écoutes pas, aussi ! se plaignit-elle. Je te l'ai dit que les courants étaient défavorables ! Je te l'ai dit, je te l'ai dit ! scanda-t-elle. Alors c'est sûr, tu t'es retourné, et tu as failli de noyer, encore une fois ! Imbécile ! Je te l'ai dit !

Pour la première fois, il se sentait désolé. Il n'avait pas remarqué que son sort lui importait autant. On aurait presque dit qu'elle s'inquiétait. Mais il était mal placé pour faire quelconque remarque.

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- Quel est ton nom ? s'enquit-il soudainement.

Cette question inattendue la dérouta, tant bien qu'elle arrêta ses remontrances. Jamais depuis lors il ne s'était intéressé à elle en tant que créature douée de parole et d'intelligence. Pour lui, elle avait toujours été une naïade, rien de plus. Sans nom et sans histoire et sans culture. Une créature à qui il devait la vie. Avec un nom... avec un nom, elle devenait quelqu'un à ses yeux.

- Naïna, finit-elle par répondre, calmée.

- Naïna...


Ouai, c'est court, mais j'ai pas honte SHAME *ding ding* SHAME /La ferme !

Juste que comme d'hab, découpage des chapitres blabla, après ça rend mal, 'fin, à mon avis. Bref, elle a un nom désormais la madame \o/ Et Loïs s'est foiré deux fois en un chapitre, c'est beau.

 

Sinon, je me permets de faire une toooooute pitite pub (quoi, c'est mon blog, je fais ce que je veux). Juste qu'un deuxième muse legacy (sans photos certes) a vu le jour et que je suis super contente de voir un muse legacy autre que le mien. Bref, c'est ici. Voilà, pub terminée :3

Sinon, le résumé tout beau tout moche du legacy est posté ici :3 je ferai sans doute un résumé pour la veuve noire, vu que c'est un peu scénarisé et que ça fait de mal à personne. Gaétan on s'en fout, l'est même pas sur la bannière de toute /shot (nan, juste que son résumé c'est : amour, bébé, claque, pardonne moi, bébé, claque, dispute, amour, claque, bébé, bébé, bébé, bébé, claque, amour, claque, mariage, dispute de la morkitu, mort).